Les ressources

Épuisement professionnel : quand les agriculteurs reprennent du souffle grâce à la formation

« On tient… jusqu’au jour où ça déborde »

Pression économique, charge mentale, solitude, fatigue accumulée… Le mal-être agricole n’est plus un sujet tabou. En Haute-Garonne, la Chambre d’Agriculture (31) a choisi d’agir concrètement en proposant une formation dédiée aux agriculteurs en situation d’épuisement professionnel, animée par Hélène Alauze, coach professionnelle et formatrice.

L’objectif : offrir un espace pour souffler, comprendre ce qui se joue et remettre du mouvement là où tout semble bloqué.

Sur une exploitation, on avance souvent sans s’arrêter. Les journées s’enchaînent, les responsabilités s’accumulent et le temps pour soi disparaît. Beaucoup d’agriculteurs fonctionnent « en mode automatique », jusqu’au moment où la fatigue, la perte de motivation ou l’isolement deviennent trop lourds.

« Les participants arrivent souvent avec l’impression de ne plus avoir de recul, explique Hélène Alauze. Ils font face à une surcharge permanente. La formation leur permet de s’arrêter, d’observer autrement leur situation et de redevenir acteurs de leurs choix. »

«Un temps pour sortir de l’urgence »

La formation repose sur une pédagogie simple : prendre du recul pour mieux agir.Le premier temps est collectif. Les agriculteurs se retrouvent, échangent et posent des mots sur leurs difficultés. Très vite, un constat s’impose : personne n’est seul à vivre ces tensions.

« Le groupe joue un rôle essentiel. On ose parler, on se reconnaît dans les parcours des autres, on comprend que ses difficultés ne sont ni une faiblesse ni un échec, mais une réalité partagée du métier. »

Le climat bienveillant permet une parole authentique, loin du jugement.

Un accompagnement sur mesure

Après le collectif, place à l’individuel. Chaque participant bénéficie d’un accompagnement personnalisé. C’est un espace pour :analyser sa situation, comprendre ce qui bloque, clarifier ses priorités, construire des solutions adaptées à son exploitation.

« Il n’y a pas de recette universelle. On part de la personne, de ce qu’elle vit, de ses contraintes, mais aussi de ses ressources. L’idée est d’avancer à son rythme, de manière réaliste et durable », précise Hélène Alauze

Des outils concrets, loin des injonctions

La formation ne se limite pas à “aller mieux”. Elle donne des leviers opérationnels :prioriser ses tâches, mieux organiser son temps, poser des limites, réduire la culpabilité à prendre du temps pour soi, avancer par petits pas, retrouver une vision globale de son exploitation.

Plutôt que de viser immédiatement de grands changements, les participants apprennent à sécuriser leur quotidien et à remettre de la cohérence dans leur organisation. Les retours sont clairs :plus de sérénité, moins de tensions, une meilleure organisation et surtout une capacité retrouvée à prendre de la hauteur.

« On ne subit plus. On regarde autrement son travail, ses choix, ses priorités. On comprend qu’on peut ajuster sans tout bouleverser », confient plusieurs participants.

Pour Hélène Alauze, l’enjeu est aussi d’anticiper : « Cette formation est utile quand ça ne va pas bien, mais aussi quand ça va encore. On peut toujours progresser. Attendre d’être au bord de l’épuisement rend les choses plus difficiles. Oser dire qu’on a un problème, c’est déjà commencer à le résoudre. »

Dans un métier où s’arrêter paraît souvent impossible, prendre une journée pour soi devient pourtant un investissement essentiel pour la suite. Derrière chaque exploitation, il y a avant tout une personne.

Avec ce dispositif porté par la Chambre d’Agriculture de la Haute-Garonne et animé par Hélène Alauze, l’accompagnement remet l’humain au cœur de la performance agricole.